Abdelaziz Bouteflika cède à la rue et renonce à sa candidature

Abdelaziz Bouteflika cède à la rue et renonce à sa candidature

Les prochains jours diront si la décision de Bouteflika va faire changer de dimension la protestation citoyenne dans le pays – © @nouh1alonso

Lundi 11 mars, en fin d’après-midi, par une lettre adressé à ses compatriotes algérien, le président Bouteflika a annoncé qu’il renonçait à se présenter à l’élection présidentielle prévue. 

Il semblerait que la rue est fait cédé Bouteflika. Dans une adresse à la nation, le président algérien annonce le retrait de sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 18 avril 2019. Aussi, le chef d’Etat publie cette lettre juste après son retour dimanche 10 mars en Algérie. 

Abdelaziz était depuis deux semaines hospitalisé dans un hôpital suisse pour divers tests médicaux. Le président n’apparait plus en public depuis plusieurs années maintenant. 

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Depuis deux semaines, les manifestations ne s’arrêtent pas et le pouvoir algérien fait donc face à un mouvement de contestation inédit, inédit par le fait que de nombreux jeunes participent à ses protestations. 

« Mon état de santé  » ne permet pas de 5e mandat

Dans sa lettre, Bouteflika motive sa décision de ne plus être candidat : « Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien » pour la fondation d’une nouvelle République. 

Mais derrière cette annonce tant attendue par les jeunes algériens, il reste encore plusieurs ombres au tableau. En effet, Abdelaziz Bouteflika annule l’organisation de l’élection présidentielle à venir et la reporte à une date ultérieure. Problème, cette date « ultérieure », elle n’a pas été fixée. Aussi, dans son adresse aux algériens, le président affirme sans le dire qu’il restera en poste jusqu’à la prochaine élection, aussi qu’il restera chef d’Etat au moins jusqu’au 28 avril 2019. Date de l’investiture qui été prévue pour une élection dix jours plutôt. 

Les algériens ne savent pas comment réagir

Alors qu’ils sont nombreux à célébrer le renoncement de Bouteflika pour un cinquième mandat. Les algériens sont tout aussi nombreux à être contre le prolongement du mandat du chef d’Etat actuel, même si ce n’est pas assumé clairement dans la déclaration écrite de Bouteflika.

Côté politique, le premier ministre en poste, Ahmed Ouyahia, a remis la démission de son gouvernement juste après l’annonce de la présidence de la République algérienne. Très rapidement, le ministre de l’Intérieur en poste avant la démission du gouvernement à pris le relai et est chargé de former un nouveau gouvernement.

En France, le ministère des Affaires étrangères s’est fendu d’un commentaire de félicitation pour le président Bouteflika, saluant en effet la décision du président et le fait qu’il prenait « des mesures pour rénover le système politique algérien ».