Attentat dans une prison : le détenu arrêté, sa compagne tuée

Attentat dans une prison : le détenu arrêté, sa compagne tuée

L’auteur présumé de l’attentat est âgé de 27 ans. Condamné pour meurtre et apologie du terrorisme. Sa femme, complice avec lui, est morte des suites de ses blessures. 

Ce 5 mars, vers 9h45, deux surveillants du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe ont été poignardés par un détenu. Selon Nicole Belloubet, ministre de la Justice, l’agresseur aurait crié « Allahu Akbar », toujours selon la ministre « le caractère terroriste de l’attaque ne fait aucun doute ». 

Le profil de l’agresseur a, par ailleurs été communiqué. Il s’agit d’un homme de 27 ans, Mickaël Chiolo, condamné à 28 ans de réclusion criminelle. Il a, en 2012, « séquestré, torturé et tué (…) un octogénaire » lors d’un braquage, selon Ouest-France. Déjà converti à l’islam au moment de ces faits, il s’est par la suite radicalisé en prison. 

L’arme apportée par sa compagne

Incarcéré dans une prison qui n’est pas dans un état de surpopulation carcérale, toujours selon la ministre. Il était « particulièrement surveillé » après une condamnation pour apologie du terrorisme. Avant les faits, il ne pouvait prétendre à une libération avant 2038. Il avait, à la suite des attentats de 2015, voulu « rejoué » l’attaque du Bataclan. Des faits qui lui ont valu un an de prison supplémentaire. 

Sa femme, enceinte, était présente à la prison dans le cadre des unités de vies familiales. C’est à cette occasion qu’elle a fait entrer dans le centre pénitentiaire un à deux couteaux en céramique. Ce qui explique que les détecteurs de métaux n’aient pas détecté l’entrée des deux armes. Selon les premiers témoignages rendus publics, c’est elle qui aurait porté le premier coup.

Très rapidement, les deux protagonistes se sont barricadés et la situation a duré une bonne partie de la journée. L’assaut est intervenu aux alentours de 18h30. Le détenu et sa compagne ont été blessés lors de l’assaut. Sa femme est décédée des suites de ses blessures quelques instants plus tard. 

Le centre le plus sécurisé de France

Les deux surveillants n’étaient plus en danger en fin de journée. Celui qui a été le plus touché a vu un des poumons perforé. Alors qu’en début de journée son pronostic vital était engagé, il a été levé après une opération et son état est désormais rassurant. 

D’ores et déjà, la ministre de la Justice a annoncé une enquête pour comprendre comment l’attaque a pu avoir lieu et si « toutes les ressources (…) pénitentiaires ont été mobilisées » sur le cas de Mickaël Chiolo. 

En parallèle, le secrétaire général adjoint du Syndicat National Pénitentiaire a annoncé sur France Info que son mouvement syndical avait « décidé de partir en mouvement social avec un blocage total de tous les établissements ». La raison majeure : le manque de moyens humains affectés aux prison.