#SérieBenalla : épisode 3, l'explosion politico-judiciaire

#SérieBenalla : épisode 3, l'explosion politico-judiciaire

La caméra (au centre) de vidéo-protection qui a filmé la scène et dont les images ont été transmises à Benalla – © Google

Depuis les révélations du journal Le Monde, le 18 juillet 2018, on ne compte plus les rebondissements dans l’affaire Benalla. Dernières révélations en date, celles de Mediapart, le 11 février sur des connexions avec l’oligarchie russe.

Nouvel épisode, le troisième sur l’affaire Benalla.

Le 18 juillet au soir, trois policiers de la préfecture de Police de Paris décident de donner des images de vidéo-surveillance. Des vidéos des faits de la place de la Contrescarpe. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Alexandre Benalla explique que les policiers pensaient bien faire. En revanche, il assure ne pas avoir fait la demande pour obtenir ces vidéos. 

Début d’implication politique

Les vidéos ont été extraites et mises sur CD. Alexandre Benalla les reçoit dans une enveloppe anonyme assez rapidement par l’un des policiers. Juste après, Alexandre Benalla affirme avoir remis ce support à un conseiller de l’Elysée. 

Selon BFMTV, il s’agit d’Ismaël Emelien, très proche d’Emmanuel Macron, conseiller spécial du président. L’homme s’est vu remettre les vidéos et les a partagées avec plusieurs autres membres de l’Elysée. Contacté également par BFMTV, l’Elysée a confirmé cette information. Problème, détenir ce genre de vidéos est illégal. Il s’agit de « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection ». 

Capture d’écran du tweet relayant les vidéos

Par la suite, les policiers ont tous les trois été mis en examens pour le détournement d’images. Tout comme Alexandre Benalla. 

Réactions de toutes parts

Le 19 juillet, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire suite à l’article publié par Le Monde. Dès le 20 juillet, le directeur de cabinet du Président décide de licencier Alexandre Benalla. L’homme est placé en garde à vue le soir-même aux cotés de Vincent Crase. Les agissements étranges continuent du côté de Benalla puisqu’il mandate une de ses connaissances pour vider en partie son appartement et retirer un coffre-fort au contenu inconnu. 

Lire aussi : #SérieBenalla : au commencement, le 1er-Mai, partie 2

Le 21 juillet, la perquisition dans l’appartement d’Alexandre Benalla parviendra néanmoins à découvrir que Benalla possède un gyrophare bleu type police et une rampe lumineuse de police. 

Le 22 juillet, Alexandre Benalla et Vincent Crase sont mis en examen et ont donc interdiction d’échanger directement ou indirectement. Mais le 31 janvier 2019, Mediapart nous apprend que le 26 juillet 2018, les deux hommes se sont rencontrés dans un endroit encore flou. Des enregistrements sont produits, on ne sait pas par qui, ni pourquoi et publiés par Mediapart. Dans un des enregistrements, les hommes évoquent une destruction de preuves, une autre infraction – si elle est établie – qui tombe sous le coup de la loi. 

Le 19 février 2019, Alexandre Benalla est placé en détention provisoire après révocation de son contrôle judiciaire. Son avocate dénonce immédiatement la décision et la conteste.

Une rencontre qui pose problème

La rencontre aurait eu lieu chez la cheffe de la sécurité de Matignon. Elle démissionne de ses fonctions le 7 février 2019, après l’avoir admis. Son compagnon est suspendu par de ses fonctions militaires en même temps.

Bref retour en arrière, Mediapart, toujours, publie le 24 septembre 2018 une photo portant fièrement une arme, alors qu’il n’a pas à ce moment d’autorisation. Une autre infraction qui est punie par la loi de 5 ans de prison et 75 000 euros d’amendes. 

C’est la fin d’un premier volet de l’affaire, celui du 1er-Mai. Mais en fin d’année 2018 et début d’année 2019, on apprend que l’affaire Benalla est beaucoup plus vaste. C’est le début de la partie russe de l’affaire Benalla.