#SérieBenalla : épisode 5, les passeports diplomatiques

#SérieBenalla : épisode 5, les passeports diplomatiques

Les passeports diplomatiques, normalement réservés aux fonctionnaires liés à la diplomatie française. Image d’illustration – © Benoit Leroy

Depuis les révélations du journal Le Monde, le 18 juillet 2018, on ne compte plus les rebondissements dans l’affaire Benalla. Dernière révélation en date, celle de Mediapart, le 11 février sur des connexions avec l’oligarchie russe.

Dernier épisode – jusqu’au prochain rebondissement – sur l’affaire Benalla. Le troisième et dernier volets des affaires dites « Benalla » : les passeports diplomatiques. 

Sur les passeports diplomatiques, c’est le journal Le Monde qui a lancé le chapitre. Le journal publie le 24 décembre 2018 un article sur des mystérieux voyages d’Alexandre Benalla au Tchad.

Lire aussi : Que faisait Alexandre Benalla au Tchad ?

Rapidement, l’ancien collaborateur de l’Elysée affirme travailler dans la diplomatie privée et pour des industriels divers dont il ne veut pas dévoiler l’identité. Le problème n’est pas tant sur le voyage en lui-même mais sur les modalités du voyage. En effet, à cette occasion l’homme aurait utilisé des passeports diplomatiques. Passeports qu’il possédaient depuis mai 2017. 

Les passeports diplomatiques : des facilitateurs de voyage 

En quelques mots, un passeport diplomatique existe pour faciliter les voyages internationaux des collaborateurs des hauts représentants nationaux. Il est délivré pour la durée des mandats aux ambassadeurs, président de la République, Premier Ministre, président des Assemblées…

Alors qu’il n’était en charge que du côté logistique des déplacements nationaux du président, la classe médiatique s’interroge alors sur l’intérêt de donner à Alexandre Benalla plusieurs passeports différents. En effet, au final on apprend que le collaborateur de l’Elysée dispose de 2 passeports diplomatiques et de 2 passeports de services. 

Ces derniers sont délivrés aux personnes qui n’ont – normalement – pas droit aux passeports diplomatiques. 

Conditions d’obtentions obscures

Fin mai 2018, Benalla fait une déclaration écrite signifiant son engament à remettre les passeports diplomatiques dès lors qu’il n’aura plus la légitimité de les conserver. Au final, cela ne sera pas l cas. Qui plus est, le 28 juin, Alexandre Benalla demande un nouveau passeport de service au ministère des Affaires étrangères. Selon Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, il s’agirait d’un faux. Nouvelle infraction potentielle, punie jusqu’à 15 ans de prison et 225 000 euros d’amendes. 

Alexandre Benalla engagé à l’écrit à la restitution des passeports. – © BFMTV

Après son licenciement courant juillet 2018, le collaborateur remercié ne répond pas aux demandes du Quai d’Orsay. Le ministère réclame la restitution des titres diplomatiques. N’ayant plus de fonction officielle nécessitant un tel usage, une autre infraction pourrait être étabiie par la justice. 

Alexandre Benalla affirme enfin lors des auditions en septembre 2018, qu’il a laissé les passeports en question dans son bureau de l’Elysée. Chose que dénoncera le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron lors de son audition. 

Fin décembre 2018, Mediapart et Le Monde affirment qu’Alexandre Benalla utilise encore les passeports en question. En octobre, il les avait utilisé en Afrique et en Israël. Le 18 janvier 2019, Alexandre Benalla est mis en examen pour usage sans raison des passeports.