Bouteflika sera candidat malgré les manifestations

Bouteflika sera candidat malgré les manifestations

Abdelaziz Bouteflika, ici en 2012 – © Magharebia

Le chef d’Etat algérien a déposé dimanche 3 mars sa candidature, de manière officielle. 

Il comprend l’inquiétude mais reste candidat. C’est en substance le message d’Abdelaziz Bouteflika qui a annoncé à la nation algérienne qu’il serait bien candidat pour les élections à venir. 

A vrai dire, cette annonce n’était pas une réelle surprise, tout comme l’annonce de sa candidature il y a maintenant plusieurs jours. 

Lire aussi : Abdelaziz Bouteflika, candidat à sa succession pour un 5e mandat

Des manifestations en Algérie et en France

Dimanche 3 mars, les manifestants étaient environ 6 000 dans Paris à exprimer leur ras-le-bol du président Bouteflika à la tête du pays. En province aussi il y avait une certaine mobilisation puisque à Marseille un millier d’Algériens ont crié leur exaspération dans un quartier historique de l’immigration algérienne.

Mais la France n’est pas le seul pays concerné puisque au Canada aussi les membres de la diaspora algérienne s’expriment

À l'instant. Devant le consulat d'Algérie à Montréal. La foule scande Pouvoir assassin. 18 ans après la Kabylie. 18 ans de retard et après 1000 milliards de dollars dilapidés…

Posted by Mourad Kabir on Sunday, March 3, 2019

Alors l’annonce de la candidature – de manière officielle – n’a pas calmé les rues d’Alger bien entendu. La capitale oui, mais pas uniquement, Oran ou Constantine connaissant aussi des mouvements de protestations.

Lire aussi : Bouteflika : un vent de protestation dans le pays

Bouteflika ne finira pas le 5e mandat

Pour l’heure, il est encore trop tôt pour savoir si les déclarations d’Abdelaziz vont convaincre la population. Mais le nombre de marches nocturnes de protestations semble être très important et global dans la capitale

On aurait pu s’en douter mais le dépôt de la candidature n’a pas été fait par le candidat lui-même mais par son nouveau directeur de campagne. Un problème car selon les règles données par le Conseil constitutionnel algérien, le candidat doit être présent. Une modalité qui n’est pas très claire, si bien que même les observateurs internationaux divergent sur la question. 

Quoiqu’il en soit, en marge du dépôt de la candidature, le chef de campagne de Bouteflika a lu une lettre du président s’adressant à la nation. L’homme de 82 annonce dans celle-ci la tenue d’une élection présidentielle anticipée dans le cas où il serait élu. Une élection dont la date sera fixée par une « conférence nationale » à laquelle il ne sera « pas candidat ». Un détail supplémentaire, ces dispositions seront prises sous un an après sa réelection. 

Cette annonce quelque peu alambiquée – un « je reste pour mieux m’en aller » – illustre bien le fait que le parti au pouvoir, le FLN a bien du mal à trouver un successeur au président en place depuis maintenant presque 20 ans.