Bouteflika : un vent de protestation dans le pays

Bouteflika : un vent de protestation dans le pays

Les manifestants étaient en nombre vendredi 24 février pour protester contre un nouveau mandat d’Abdelaziz Bouteflika – © @nouh1alonso

La rue se lève pour dire non à nouveau mandat du président malade, une première dans l’histoire algérienne. Le 10 février, Abdelaziz Bouteflika a annoncé une nouvelle candidature.

Depuis 2013, Abdelaziz Bouteflika n’a plus fait aucun discours public. La jeunesse du pays aujourd’hui dit stop. Ils ne veulent plus d’une président grabataire et qui ne communique plus, dirige plus (réellement) et qui ne défend donc plus les intérêts de la nation algérienne. 

L’annonce le 10 février 2019 de sa nouvelle candidature a mis le feu aux idées des jeunes Algériens. Vendredi 22 février, pas moins de 20 000 manifestants ont été recensé dans les rues du pays.

Une mobilisation d’autant plus impressionnante que toute manifestation est interdite dans les rues algériennes. Sauf en cas d’autorisation de l’Etat, ce qui n’a pas pu être le cas étant donné motif de la mobilisation… En tout état de cause, peu de débordements à noter si ce n’est des échanges de projectiles et une utilisation de gaz lacrymogènes

Un président ou un clan à la tête du pays ?

Le principal problème pour les manifestants, c’est le maintien au pouvoir d’un homme malade. En effet, depuis 2013, Abdelaziz Bouteklika est de facto à la tête du pays. De fait, car il est bien président du pays, mais en réalité depuis son AVC, c’est sa garde rapprochée qui gouverne réellement. 

Les plus proches du président, à commencer par son propre frère, souhaitent tous conserver leur acquis et rester sur un statu quo. Mais du côté de ce clan, les doutes commencent à apparaitre. 

Lire aussi : Abdelaziz Bouteflika, candidat à sa succession pour un 5e mandat

Les caractères pacifique et assez massif de la protestation interrogent les hautes sphères algériennes, selon un diplomate interrogé par l’AFP : « Les deux hypothèses sont désormais envisageables: soit le pouvoir impose le 5e mandat malgré la contestation, soit il trouve un compromis pour permettre au chef de l’Etat de renoncer pour des raisons de santé ».

Le président en Suisse pour une « visite médicale »

Côté politique, les réactions ne sont pas étonnantes. Les candidats, eux, appellent l’exécutif à « écouter le message du peuple » comme l’affirme Ali Ghediri, candidat indépendant et ancien général algérien. Pour les partis politiques d’opposition, ils défendent très logiquement les protestations en cours. En revanche le FLN, à la tête du pays depuis l’indépendance, reproche aux manifestants de vouloir « semer la discorde » en Algérie. 

L’élection à venir dans le pays semble pourtant jouée d’avance. Compte tenu des précédents résultats (plus de 80% de votes en faveur de Bouteflika) sur les élections passées. Pour le moment, les observateurs politiques et diplomatiques n’arrivent pas à se prononcer sur une dimension pérenne de la protestation en cours.

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