"Gilets jaunes" : une vidéo montre un manifestant frappé par un gendarme à Quimper

"Gilets jaunes" : une vidéo montre un manifestant frappé par un gendarme à Quimper

Gilets jaunes, un conflit social inédit ? – © Pascal Maga au Mans

Tournée samedi 9 mars, la vidéo a été vue plus de 640 000 fois, lundi 11 mars au matin. La vidéo montre un gendarme infligeant plusieurs coups à un manifestant à Quimper.

Cela ne va certainement pas calmer les choses. Dans un climat de tension croissante entre les forces de l’ordres et les gilets jaunes, une nouvelle vidéo fait son « petit » effet sur les réseaux sociaux. 

Postée par un « street-medic » qui agissait sur Quimper, on y voit un gilet jaune se faire frapper à plusieurs reprises par un gendarme assurant le maintien de l’ordre. La scène intervient en fin de manifestation au moment des désormais répétitives tensions entre manifestants et policiers ou gendarmes.

Le gilet jaune déjà visé par une balle de LBD le 17 novembre

Selon Lionel Botorel, le « street-medic » auteur de la vidéo « ce n’était pas lui qui était visé par la charge des gendarmes, mais des personnes qui se sont enfuies en courant ». Le gilet jaune, prénommé Max, selon l’auteur de la vidéo, s’est fait matraqué pendant un peu moins d’une minute. 

Ce qui pose problème c’est le nombre de répétitions de coups qui sont portés à Max par le gendarme en question. Deux autres membres des forces de l’ordre maintiennent le gilet jaune avant que l’un deux s’en aille durant la scène. 

Toujours selon le street-medic, le gilet jaune avait été touché par un tir de LBD dès le premier acte de mobilisation le 17 novembre 2018.

Interrogé par l’AFP, Lionel Botorel détaille les blessures infligées à Max, le gilet jaune : « Je lui ai soigné un énorme hématome au niveau du mollet, du côté droit de la tête, des saignements au nez et au niveau du cuir chevelu. Ils lui ont aussi mis le doigt dans les yeux ».

Les LBD dénoncés par les ophtalmologistes 

Depuis plusieurs semaines, un journaliste, David Dufresne, réalise un bilan des blessures signalées (par Mediapart, en accès libre). Au lundi 11 mars, dans la matinée, il y avait eu 522 signalements : 212 blessures à la tête, 22 personnes éborgnées et 5 mains arrachées. 

Aussi, dans un courrier publié par le Journal du Dimanche, le 10 mars, près d’une quarantaine d’ophtalmologistes réclament un « moratoire » pour les lanceurs de balles de défenses tant décriés aujourd’hui. Dans leur courrier, adressé au président Emmanuel Macron lui-même, il évoque « une épidémie des blessures oculaires » inédite. Ils veulent aussi dissiper toute critique sur un conflit politique : « Notre démarche est uniquement celle de médecins, purement humaniste, avec pour seul but d’éviter d’autres mutilations. »

Ce ne sont pas les premiers à demander l’arrêt de l’usage des lanceurs de balles de défenses. Le Conseil de l’Europe, en charge de la surveillance des droits de l’homme en Europe, avait déjà demandé de stopper l’utilisation de telles armes. Tout comme le défenseur des droits, ou un neurochirurgien qui avait publié une pétition en ligne, elle recueillait près de 170 000 signatures lundi 11 mars.