Grenoble : les raisons qui ont poussé à l’embrasement d’un quartier

Grenoble : les raisons qui ont poussé à l’embrasement d’un quartier

La Cité Paul Mistral, au centre au second plan, et l’échangeur vers l’autoroute, lieu de l’accident, au premier plan – © Google

Samedi 2 mars, dans la soirée, deux jeunes ont été pris en chasse par la BAC. Lors de la course poursuite, les deux jeunes hommes de 17 et 19 ont été tués, percutés par un car. La police parle d’accident, les habitants de « bavure ». 

Des cocktails Molotov, des feux d’artifice, de véritables émeutes dans le quartier Mistral de Grenoble. 

Samedi 2 mars, alors que plusieurs policiers en patrouille, de la brigade anticriminalité (BAC), repèrent un scooter sans plaque, ils le suivent. Le drame est alors intervenu vers 22h30, lorsque les deux jeunes roulent vers une bretelle d’accès à l’autoroute. 

Ils se retrouvent alors juste derrière un bus, qui selon le témoignage du conducteur, fait se déplace vers le côté droit de la voie. Aussi, sur leur scooter, les deux jeunes finissent par dépasser le car par la droite. Selon la conférence de presse du procureur, ils se sont alors retrouvés coincés entre le car et le parapet et sont morts écrasés. 

Pourquoi la police les poursuivait ?

Ne parvenant pas à les arrêter avant, les policiers ont été contraints de les poursuivre dans les rues de Grenoble. Il faut savoir aussi que selon les enquêteurs, le même deux-roues avait réussi à échapper une première fois aux policiers. A noter que ce lien n’est pas « encore totalement avéré ». 

On apprendra par la suite, à travers la conférence de presse du procureur de la République de Grenoble, que le scooter était volé. 

Le quartier est une véritable poudrière dans la ville. En effet, fin février, un homme de la même cité avait été interpellé pour détention de cannabis. Pendant plusieurs heures après, une centaine de jeunes avaient alors lancé des projectiles, sur les policiers et sur leurs véhicules. Le soir même de l’accident, le 2 mars, les forces de l’ordres sur place ont du faire face à des jets de cocktails Molotov auxquels ils ont répondu par des gaz lacrymogènes et des balles de défense. Une caserne de CRS a même été directement visé durant les émeutes. 

La famille parle de bavure

Plusieurs jours après les faits, le commissariat de police de Grenoble a ouvert une enquête pour éclaircir les circonstances de l’accident. En effet, pour le père d’Adam, un des jeunes tués sur son scooter, la course poursuite a provoqué l’acccident. A France Info, il n’hésite pas à dire que la police les « a envoyés à la mort ». 

La tension n’a pas été apaisée lorsque le procureur de la République a parlé « d’accident » et affirmé que l’intervention policière était « totalement justifié » car la course poursuite n’aurait pas eu lieu, selon lui, «s’ils n’avaient pas mis les autres usagers de la route en danger, en brûlant des feux rouges, en roulant sur le trottoir, en roulant à vive allure».

Le maire de Grenoble appelle lui à un « retour au calme » après plusieurs nuits d’émeutes consécutives dans les rues de sa ville.