Les réalisateurs qui feront 2019 (2/3) : Martin Scorsese, épisode 1

Les réalisateurs qui feront 2019 (2/3) : Martin Scorsese, épisode 1

Je vous adresse avant de commencer une promesse de non-objectivité : le réalisateur dont on va parler ici, Martin Scorsese, est celui qui a le plus contribué à faire émerger en moi la passion du cinéma. Impossible donc de le traiter comme n’importe quel autre cinéaste, espérons simplement que j’ai réussi à faire preuve d’une « certaine qualité de la subjectivité » pour reprendre l’expression de Paul Ricoeur.

L’italo-américain est un réalisateur expert en conception de fresques américaines, dont la marque de fabrique consiste à décrire des enchevêtrements de personnages, groupements et sociétés diverses en nous livrant le tout avec une extraordinaire clarté. Ce tour de force est réalisé grâce à une virtuosité technique unanimement reconnue.

On peut citer parmi ses thèmes de prédilection, entre autres, l’étude du christianisme et la peinture de la mafia américaine (voire irlandaise dans Les Infiltrés). L’idée centrale de son œuvre reste cependant celle de grandeur et décadence de l’individu, et à travers lui de la société américaine. Cette société est personnifiée à travers le héros principal, souvent symbole d’une déviance ou d’un aspect sociétal controversé, à l’image de Travis Bickle dans Taxi Driver, incarnation des séquelles psychologiques laissées par la guerre du Vietnam.

Après plusieurs courts métrages primés par la critique, dont le très atypique The Big Shave, Martin Scorsese a vite enthousiasmé son monde avec Mean Streets. Une fois réalisé Alice n’est plus ici, c’est au tour de Taxi Driver, sa deuxième collaboration avec Robert De Niro, de récolter les louanges de la critique et du public. Ce drame psychologique, Palme d’Or du Festival de Cannes de 1976, propulse aussi bien la carrière de l’acteur que celle du metteur en scène.

Taxi Driver marque surtout le début d’une large collaboration entre les deux hommes : six autres films suivront de cette union, avant une (très) longue pause, prenant fin cette année avec The Irishman.

De 1975 à 1990, le réalisateur connaît ses premières difficultés (un échec commercial pour New York, New York et une vague de protestation à la sortie de La Dernière Tentation du Christ), entrecoupées par le formidable Raging Bull.

S’en suivent deux des meilleurs films de gangsters jamais réalisés (Les Affranchis et Casino), qui installent définitivement les personnages de De Niro et de Joe Pesci dans l’imaginaire collectif. Martin Scorsese commencera ensuite le 21ème siècle avec un immense Gangs of New York, relatant les guerres de clans dans le quartier de Five Points à l’époque de la guerre civile américaine.

Gangs of New York marque également le principal revirement de la carrière de Martin Scorsese : le passage de De Niro à DiCaprio comme acteur fétiche. Et cette nouvelle équipe va devenir une des plus emblématique des décennies 2000 et 2010.

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En 2004 paraît sur grand écran Aviator, biopic de l’homme d’affaire, constructeur et aviateur (dans le désordre) Howard Hughes, sublimé par un DiCaprio au sommet de son art jouant aussi bien des maladies et névroses profondes de Hugues que de ses élans d’énergie incessants pour recréer un personnage hautement charismatique et attachant.

Les Infiltrés, 3ème collaboration entre les deux hommes, marque un retour de la thématique mafieuse tout en faisant place à un casting nouvelle génération et à une intrigue centrée non pas sur la mafia américaine des années 70 mais sur une mafia irlandaise contemporaine.

Nous voilà à la fin des années 2000, l’occasion de marquer une pause. Suite de l’article disponible dans une seconde partie juste ici.

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