Justice : une prévenue implore Dieu pendant l'audience

Justice : une prévenue implore Dieu pendant l'audience

Les comparutions immédiates au tribunal, l’occasion d’entendre des affaires très différentes – © Benoit Leroy

Scène assez surréaliste en plein coeur du tribunal correctionnel de Toulouse, mardi 5 mars. Une femme d’une cinquantaine d’années comparaissait devant les juges pour des faits d’agressions dans l’aéroport de Toulouse, le 26 janvier dernier. 

Kristin L., la cinquantaine, entre dans le box des prévenus et dès le début le ton est donné. Native de Hambourg en Allemagne, elle réside depuis 6 ans en Irlande. Un interprète parvient difficilement à trouver un moment pour faire l’intermédiaire entre la prévenue et le président du tribunal, Jérome Glavany. 

Elle comparait pour des faits d’agressions dans l’espace nurserie des sanitaires de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Selon les propres mots du président, « ceux-ci auraient eu lieu à 0h40 » dans l’aéroport. Selon le président, la prévenu aurait tenté de porter un coup à une agent d’entretien,  Amada N., au moyen d’un rasoir. 

Celle-ci lui aurait demandé de quitter les lieux alors qu’elle n’avait rien à y faire. Insupportable pour Kristin qui affirme « qu’en Irlande on n’a pas à commander des personnes supérieures »…lors de son audition. Le président et ses assesseurs sont bousculés par une telle raison. 

Discernement psychologique aboli

Toujours lors de l’exposé des faits on apprend que l’audience de Kristin avait été renvoyée pour une expertise psychologique. Selon ses conclusions, la prévenue a une personnalité « paranoïaque » depuis longtemps et est persuadé qu’elle est une victime. Au moment des faits, le médecin-psychologue affirme qu’elle était en crise et qu’elle n’était pas responsable pénalement. 

A la barre, la victime, Amada N. témoigne : « j’étais paniqué, elle a commencé à crier, elle m’a attrapé et ne voulait plus me lâcher ». A la fin de l’altercation, la prévenue lui lance alors un verre d’eau à la figure. Réponse de celle-ci : « elle a eu de la chance que l’eau soit froide »

Imploration de Dieu 

Dès le début de l’audience, la prévenue n’en fait qu’a sa tête. Kristin s’empare du micro de manière intempestive et le triture plusieurs minutes pour l’approcher de sa bouche. 

Durant l’exposé des faits, la femme ne cesse de protester comme celle qu’elle qualifie de « faux ». A plusieurs reprises, elle interrompt le président du tribunal qui essaie tant bien que mal de la calmer et de lui demander d’attendre, rien n’y fait. 

A deux reprise, Kristin implore Dieu pour lui venir en aide à ce jugement. Aussi, à la fin de son audience, la prévenue affirme faire toutes ses déclarations sous le « serment de Dieu »

Juste avant la délibération du tribunal, alors que classiquement le prévenu a droit à la parole en dernier, Kristin s’exprime en anglais, refuse de s’arrêter pour que l’interprète – débordé lui aussi – puisse faire l’intérmédiaire. Pour partir, le président du tribunal finit par couper le micro de la prévenue et fait interrompre la séance. 

Dans sa décision, le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, Mr Olivier Mouysset. Alors que ce dernier s’inspirait très largement des recommandations du médecin ayant examiné la prévenue. Le tribunal déclare Kristin L. coupable des faits qui lui sont reprochés mais pénalement irresponsable alors que « son discernement était au moment des faits aboli » selon le président. Elle est aussi condamnée à verser la somme de 600€ à la victime qui s’était portée partie civile. Par ailleurs, elle est hospitalisé de manière complète dans une unité psychiatrique, une décision transmise directement à l’Agence régionale de santé.